La Contre-Réforme Catholique au XXIe siècle

IL EST RESSUSCITÉ !

N° 112 – Décembre 2011

Rédaction : Frère Bruno Bonnet‑Eymard


APPEL DU PAPE AU PAPE

« Tu es Petrus, et super hanc petram ædificabo Ecclesiam meam, et portæ inferi non prævalebunt adversus eam (...).
« Vade post me Satana, scandalum es mihi : quia non sapis ea quæ Dei sunt, sed ea quæ hominum. » (Mt 16, 18 et 23)

Il est rare, voire inouï, qu’un Liber accusationis destiné à ouvrir un procès en hérésie soit adressé au tribunal du Saint-Office à l’encontre d’un Pape, ou d’un préfet de Congrégation romaine, et cela faute d’objet. Quand même, l’abbé de Nantes a pensé que le cas s’en présentait dès les premières années du pontificat de Paul VI et, en conséquence, il rédigeait son premier Livre d’accusation contre sa Personne ; il reconnut avec bonheur que presque jamais, en près de vingt siècles de son histoire, ne s’étaient présentés des cas d’hérésie au sommet de l’Église, au point que le traitement d’un si étonnant désordre n’était guère précisé par le Droit.

Néanmoins, si quelque esprit droit et compétent se trouvait obligé en conscience de refuser l’enseignement du Pape régnant, ou du Concile, comme proposé hors des normes de l’infaillibilité, d’une part et, d’autre part, comme contraire sur des points importants au magistère ordinaire véhiculant la Tradition de l’Église, ce lui serait un devoir, pour le bien de l’Église et l’honneur de Dieu, d’exposer sa conviction, non pour en juger ! ni pour prétendre à quelque autorité que ce soit, mais pour introduire cette cause de procès en hérésie que l’Autorité infaillible du successeur de Pierre, Vicaire de Jésus-Christ et Chef suprême de l’Église puisse ainsi trancher infailliblement, ramenant la concorde, l’unité et la paix un instant troublées.

C’est ainsi qu’il crut avoir fait son devoir, par quatre fois successives, lors de son premier procès en 1968-1969, puis en présentant trois Libelles d’accusation, en 1973, 1983 et 1993. Il lui a semblé qu’il y aurait forfaiture de la part de l’Autorité souveraine à remettre au-delà de trente jours – à moins d’abandon de sa plainte – l’ouverture d’un procès d’une si haute importance, et félonie de la classer. Mais il y aurait de la part du plaignant faute aussi grave à laisser son accusation pendante, soit pour des motifs d’intérêt personnel, soit sous des menaces de rétorsions, d’intimidation ou de sanction de quelque ordre qu’elle soit, au risque de laisser subsister le mal qui en est l’objet. Héritiers et successeurs de notre Père, notre devoir est donc de persister, sous la garantie du Droit juste et saint de l’Église, dans cette triple et quadruple accusation, sans nous effrayer d’aucune menace, jusqu’à ce que jugement soit rendu.

frère Bruno de Jésus-Marie.