68. LA CHRÉTIENTÉ, L'ORDRE INTERNATIONAL ET LA PAIX
1. Il est avéré par des siècles de Chrétienté que l'Église est un facteur de paix et de concorde entre les peuples et que sa prédication est le plus puissant frein aux passions des hommes génératrices de guerres et de révolutions. Qui suit les principes de l'Évangile et la morale de l'Église, sans concession faite aux idées révolutionnaires, participe nécessairement à l'ordre et à la paix du monde, non en revendications et en paroles mais en sagesse et en service. C'est ainsi qu'il faut entendre la maxime traditionnelle : Opus justitiæ pax. Non dans le sens révolutionnaire, qui fait sa fortune actuelle, selon lequel il faudrait mettre le monde à feu et à sang pour instaurer partout « la justice » et alors seulement viendrait la paix. Mais dans le sens évident que ceux qui observent la justice dans leur propre vie, par là même déjà travaillent au maintien et au retour de la paix.
2. L'entente des États catholiques, présidée par le Pontife romain, est dans le monde, aujourd'hui encore le plus puissant fondement, le seul qui soit loyal et sûr, de l'ordre international et de la conservation de la paix. Par sa diplomatie, par l'organisation d'alliances et de forces militaires, par ses tribunaux d'arbitrage et sa recherche des équilibres mondiaux les plus vastes, la Chrétienté doit être plus que jamais le sanctuaire de la tranquillité mondiale et donc du progrès humain.
3. Il sera juste envers le Christ et l'Église, mais aussi fort sage et prudent, de privilégier l'entente et la collaboration entre nations catholiques et de moins rechercher l'alliance des puissances non catholiques et à plus forte raison non chrétiennes. Il sera plus encore nécessaire de se défier et de s'éloigner des révolutions et des États nés de la Révolution, fondés sur des idéologies modernes antichrétiennes.
On doit se rappeler que les rivalités et les guerres entre les nations catholiques et parfois leur appel à des puissances non chrétiennes, par exemple musulmanes, pour lutter contre leurs propres frères en Jésus-Christ, ont été dans le passé la plus grande faute contre la charité divine et la première cause de leur commune décadence. Et quel scandale donné au monde païen, que ces luttes fratricides sous les yeux de l'ennemi, parfois lui-même appelé à l'aide et introduit en maître jusqu'au cœur de la Chrétienté ! Peut-être fut-ce en certaines conjonctures une nécessité impérieuse de la légitime défense des nations par leurs princes. Mais que cela ne se revoie pas ! Et que l'union catholique universelle procure la paix au monde !


