Méditations quotidiennes

Vendredi 1er décembre

Premier Vendredi du mois, Sainte Florence, Saint Charles de Foucauld

Le Père de Foucauld, ce bon pécheur, ce vrai converti, ce cœur tendre ! Ah ! oui, c’est le type même du bon pécheur ! C’est l’affection simple, pure, généreuse, dévouée, réservée de ses parents qui l’a ramené, parce que c’était un reflet et qu’il a eu la droiture, la pureté, la réserve de bien considérer toujours comme un reflet, un amour supérieur. Enfin, il a trouvé cet amour supérieur, quelle joie pour lui ! C’était le Cœur de Jésus.

Ce cœur s’est noyé dans le Cœur de Jésus. Il avait compris l’amour multiforme de Notre-Seigneur :

« Ô mon Seigneur, mon Roi, mon Maître, mon Époux, mon Frère, mon Bien-aimé, mon Sauveur, mon Dieu ! »

Avec amour, il trouve tout en Jésus. Cela veut dire que Dieu “ se fait tout à tous ”, Il est tout pour nous, un frère, une sœur, un père, une mère, un époux, un seigneur, un maître, un Dieu, tout ! Il répond à tous nos besoins et à toutes nos attentes, par un amour doux et tendre, intime et fort, tout-puissant et tout miséricordieux, de telle manière que nous trouvons toutes les richesses, toutes les nuances de l’amour, tous les sentiments qui peuvent répondre à notre attente, à notre soif, dans ce Cœur Unique et parfait de Jésus-Christ.

Notre Père, retraite sur la vie intérieure, 1964

Samedi 2 décembre

Premier Samedi du mois, Sainte Bibiane

Que le Cœur Immaculé de Marie nous obtienne les grâces nécessaires pour être selon le Cœur de Jésus, afin que nous puissions être des intercesseurs et que nous puissions être exaucés dans notre demande qui est toute dirigée évidemment, non pas à notre gloire, plutôt à notre humiliation, mais qui est toute dirigée vers le salut des âmes qui se perdent et la vérité de l’Église qui a besoin de paraître aux yeux des êtres humains l’arche de salut de toutes les sociétés, le salut de toutes les âmes, la seule religion véritable, pour reprendre son grand rôle civilisateur et sauveur, et à la gloire de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

Notre Père, 6 décembre 1986

Dimanche 3 décembre

1er dimanche de l’Avent, Saint François-Xavier

Nous entrons dans l’Avent. On peut entrer dans l’Avent avec des sentiments très différents : soit considérer que c’est un temps de pénitence et se préparer à la venue de Notre-Seigneur par la purification de nos âmes, c’est la voie ascétique et c’est toujours bon, c’est toujours recommandé, même si c’est en sous-ordre. C’est bon de faire pénitence en pensant à toutes les souffrances et à toutes les épreuves de ce peuple juif qui a attendu son Messie à travers tant de catastrophes, parce qu’il y a le péché. Il faut pour recevoir le Messie dignement, que ce peuple ait été préparé, disposé, de la même manière que nos âmes se disposent à recevoir le Christ à Noël par une sorte de conversion, de progression, de perfection de notre vie.

Mais enfin, quand même, l’Évangile d’aujourd’hui et toute la liturgie de ce temps de l’Avent avec des hauts et des bas, avec des dimanches où la liturgie est plus pénitente et d’autres où elle est exultante, comme aujourd’hui ou comme le troisième dimanche où elle est toute consacrée à la Sainte Vierge, c’est une attente joyeuse.

Notre Père, 3 décembre 1989

Lundi 4 décembre

Saint Jean Damascène, Saint Pierre Chrysologue

« Désirez-vous réellement la venue du Christ ? Ô Croisés, pourquoi ne désirez-vous pas avec plus de ferveur sa venue réelle ? Il vient sur l’Autel pendant la Sainte Messe chaque matin. Il y vient réellement et personnellement, aussi réellement qu’à Bethléem. Il vient pour vous et vous ne le désirez pas. Il vous attend et vous ne Le recevez pas. Ne savez-vous donc pas que, pour vous et pour toute la famille spirituelle de la Sainte Église, chaque journée est un “ avent ” ? que Jésus vient tous les jours ? que vous devez Le désirer et que vous pouvez Le recevoir chaque jour ? Il vient journellement, parce que vous avez besoin de Lui chaque jour... Il vient même vous préparer chaque jour à Sa grande venue : celle du Jugement. Si vous ne voulez pas avoir à craindre la venue de Jésus comme Juge, laissez-Le entrer en vous chaque jour comme Ami. Ainsi vous deviendrez tellement conforme à votre Ami qu’Il vous reconnaîtra immédiatement à sa dernière venue et vous placera à sa droite avec tous les enfants fidèles de sa Sainte Église. »

Abbé E. Poppe, 4 décembre 1921, premier numéro : Notre Messager

Mardi 5 décembre

Saint Sabbas

Si l’on est fidèle au Cœur Sacré de Jésus, au Cœur Immaculé de Marie, on est rempli de bénédictions. C’est un signe que Dieu n’abandonne pas son peuple et que si l’on est fidèle au message de la très Sainte Vierge Marie, si l’on est fidèle au culte de la Sainte Face, il ne peut rien nous arriver de mauvais. Nous sommes pour ainsi dire l’avant-garde de cette Église qui va renaître à travers ces combats apocalyptiques et après cela, comme l’a dit la très Sainte Vierge Marie, la Russie se convertira, il y aura un temps de paix, il faudra des masses de missionnaires et autres pour convertir le monde. Sœur Lucie a expliqué que cela ne se ferait pas facilement quand même ; ce n’est pas un miracle qui va changer la face du monde d’un instant à l’autre : il faudra des missionnaires, il faudra y aller et il faudra donc un immense travail, un travail béni par Dieu qui sera facilité par les miracles évidents de cette époque-là, mais tout de même il faut que nous nous y préparions dans la joie.

Voilà ce qui va être notre grand souffle de ce temps de l’Avent, de telle manière que, à Noël, en fêtant l’Enfant Jésus dans la crèche, nous ayons des sentiments tournés vers l’avenir, des sentiments d’adultes : ne pas seulement nous attendrir de voir le Fils de Dieu fait homme dans cette crèche, mais penser à cette image radieuse du Fils de Dieu revenant sur les nuées du ciel pour juger les vivants et les morts.

Notre Père, 3 décembre 1989

Mercredi 6 décembre

Saint Nicolas

Encore dix-neuf jours, mon Seigneur Jésus, et nous vous verrons ! Obtenez-moi courage et amour, âme perdue en Dieu, Sainte Vierge, saint Joseph qui en ces jours étiez si profondément perdus, noyés, abîmés dans la contemplation du divin enfant encore caché à tous les regards, mais présent dans le sein de Marie et vous enivrant tous les deux d’une volupté infinie dans votre contemplation passionnée et émerveillée...

Saint Nicolas, il fut un temps où votre fête était ma fête, lorsque j’étais enfant habitant la Lorraine : vous voyez mon âme, vous voyez tout ce qui lui manque : donnez-le lui ! ce que je vous demande surtout de mettre dans mon sabot, c’est la ferveur et le courage... Je crains tant la souffrance ! Je la fuis tant ! Descendez vers moi pendant mon sommeil, bénissez-moi, changez mon cœur et faites que je trouve en moi demain ces deux vertus que je possède si peu jusqu’à présent... Je vous demande aussi de donner à tous les autres hommes, et surtout à ceux que je dois le plus aimer, ce dont ils ont le plus besoin, en Notre-Seigneur, par Lui et pour Lui.

Méditation de saint Charles de Foucauld, 6 décembre 1897

Jeudi 7 décembre

Saint Ambroise

Petit frère, vous êtes-vous déjà donné entièrement à notre Mère ? Non ? Faites-le ! Ne craignez pas, vous ne pouvez qu’y gagner. Croyez-moi, cette consécration à Marie est pour moi la source de toutes les grâces de mon apostolat. J’ai conclu un pacte avec Marie : qu’Elle me laisse vivre suffisamment de temps pour que je puisse faire tout le bien que Dieu veut que je fasse. Et Elle le fera ! Elle regarde cet acte d’offrande avec amour, et le rend encore plus agréable à Dieu par ce regard même, et Elle le présente Elle-même à Jésus. Il est vrai qu’un tel pacte exige beaucoup de confiance, et c’est ce qui vous manque encore. Demandez le Lui : Elle viendra à votre secours.

Croyez-vous à la Médiation de Notre-Dame ? Laissez les autres en discuter ; vous, appliquez-la à votre vie. Donnez-vous entièrement à Elle et vous saurez que c’est une réalité. [...] Essayez de vivre dans ces pensées d’abandon à la Sainte Vierge.

Abbé Édouard Poppe à Alfons Beel, 30 novembre 1922

Vendredi 8 décembre

L’Immaculée Conception

Lorsque nous contemplons la Sainte Vierge, ce n’est pas tellement à son intelligence que nous devons porter notre attention et notre vénération, ce n’est pas à son corps. À quoi donc ? Au cœur. Il a voulu un cœur. Quand Il a fait cette proposition à son Fils : « Une épouse qui t’aime, mon Fils, j’aimerais te donner », c’est le cœur de la femme, c’est le Cœur Immaculé de Marie. Ce qui va la caractériser, ce qui va être toute son œuvre, toute son application, c’est d’aimer. Certes, Il lui a donné un contour humain et une chair, un corps très saint, très virginal, mais cette chair n’est que, pour ainsi dire, la substance de ce Cœur, le coffret dans lequel Dieu poserait ce Cœur Immaculé. Ce Cœur lui-même va devenir le sanctuaire de l’Amour et l’Amour dans la très Sainte Trinité, c’est l’Esprit-Saint. C’est, pour ainsi dire, de la part du Père donnant cette épouse à son Fils, donner au Saint-Esprit comme un Temple, un Sanctuaire, une Amphore translucide. Dans la Vierge Marie devenue l’épouse de son Fils, ce Cœur bat d’un rythme divin et le langage de ce Cœur, c’est l’amour qu’est le Saint-Esprit.

Voilà comment la première création est faite. Et la Vierge Marie, conçue dans la pensée éternelle du Père et donnée en cadeau à son Fils, commencera dès cette époque à vivre dans la pensée de Dieu. À quoi s’occupera-t-Elle durant le temps et l’éternité ? Ah ! Quelle révélation mystique qui nous est presque difficile à aborder ! (à suivre)

Notre Père, 8 décembre 1984

Samedi 9 décembre

Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin

La Vierge, tout amour, va se nourrir de la présence en Elle de l’Enfant Jésus. Il va y avoir une sorte d’habitation mutuelle du Fils de Dieu en son épouse et de son épouse dans le Fils de Dieu. Voilà ce que Dieu a voulu, ce que Dieu a conçu. Et lorsque nous disons “ la Conception Immaculée ”, la Conception sans tache, mais aussi la Conception très sainte, la Conception infiniment parfaite, la Conception digne de Dieu nous disons “ conception ” pour éviter deux mots : L’un, propre aux théologiens, qui s’appelle “ la procession ” et pour ce qui est du Verbe, “ la génération ”. Le Verbe a été engendré. Nous ne pouvons pas dire que Dieu ait engendré la Vierge, Elle serait Dieu elle-même. La sainte Église, divinement inspirée, le Père Kolbe l’ont bien compris. La sainte Église a trouvé que “ création ” était insuffisant, parce que nous sommes tous créés, la matière universelle aussi est créée, fabriquée, tirée du néant. C’est trop différent.

Dans la Vierge Marie, cette conception est sans égale. Certes, Dieu n’a pas donné sa Divinité à la Vierge. C’est une créature tirée du néant, mais Il a résumé en Elle son plan de grâce. Nous sommes tous contenus dans cette Mère. L’épouse du Verbe, dès la conception que le Père en a exprimée, résume toute la création. Quand il a été question de créer l’univers, dans ce mystère absolument enivrant, vertigineux de notre création, du fait que nous existions, que nous puissions être à côté de Dieu, nous qui sommes du néant, dans ce projet incompréhensible aux anges et aux hommes, quelqu’un a ouvert le chemin, c’est la Vierge Marie. C’est prodigieux !

Notre Père, 8 décembre 1984

Dimanche 10 décembre

2e dimanche de l’Avent, Apparition de Pontevedra, Notre-Dame de Lorette

À l’Occident de la Chrétienté romaine, se dresse l’humble maison de la Vierge au Cœur Immaculé, la Capelinha, pas plus grande, pas plus riche en ses débuts que la Santa Casa de Lorette. Sans doute, à Nazareth puis en son nouveau lieu, la Sainte Vierge ne nous est point apparue ni n’a parlé à quiconque, au contraire de Fatima. Mais elle n’avait aucune raison de parler, quand les pierres parlent pour elle ! (...) « Admirez cette immense simplicité, cette infinie pauvreté, cette absolue beauté de la première petite chapelle construite au printemps 1919 dans le lieu même des Apparitions. Dynamitée en 1922 par “ les bandits ”, elle fut reconstruite et presque à l’identique, elle est le centre de l’attention céleste et terrestre “ dans la nuit qui s’épaissit ”. Ainsi, nous devinons avec émotion et émerveillement les préférences de Marie Immaculée pour la petitesse, si petite ! la pauvreté, si grande ! la simplicité, si noble ! dans la manière de vivre, telle que fut la sienne à Nazareth, à Bethléem, derechef à Nazareth, à Jérusalem, partout et toujours. (Notre Père, 1996)

Frère Bruno de Jésus-Marie, 1er février 2003

Lundi 11 décembre

Saint Damase Ier

Nous faisons bien d’espérer, d’attendre dans l’avenir un retour du Christ et même, avant que ce soit le dernier retour, le retour apocalyptique, eschatologique de la fin du monde, en puissance et en gloire pour juger tous les hommes, les vivants et les morts, avant, il est certain que l’Église aspire au Royaume de Jésus, disons au Royaume du Cœur de Jésus sur toute la terre. Nous sommes tournés vers l’avenir résolument, dont nous attendons des miracles étonnants de conversion de tous les peuples, afin que le Cœur de Jésus et de Marie règne sur toute la terre. Nous sommes donc les yeux tournés vers l’avenir.

Notre avenir sera beau, notre avenir sera grand, l’avenir de l’Église, de toute manière, nous est annoncé, ce sera une grande victoire du Christ sur toute la terre ; mais par quelle voie devrons-nous passer et comment se fera cette victoire ? Probablement d’une manière moins clinquante, moins séduisante, moins emballante que ce que nous imaginerions. Alors, il faut se tenir entre ces deux excès, du noir désespoir – tout est perdu, tout ira de plus en plus mal – et des enfantines espérances – demain, tout va aller très, très bien – et suivre notre chemin avec confiance, une confiance absolue en Notre-Seigneur Jésus-Christ et en son Église.

Notre Père, 4 décembre 1983

Mardi 12 décembre

Notre-Dame de Guadalupe

Les grandes décisions qui nous sont imposées, on peut dire que c’est purement et simplement l’amour de Dieu, et quand c’est la dépossession de soi-même, le sacrifice de soi-même, le renoncement à soi-même pour un temps indéterminé, dans des proportions, dans des limites insoupçonnées, qui ne se verront qu’à mesure, c’est vraiment un acte d’amour total. Dans les monastères, tout le monde sait que, quand on est invité à quitter le monastère pour aller ailleurs par exemple, dans les ordres missionnaires, quand on quitte pour aller en une mission qu’on n’a pas choisie, c’est vraiment le grand acte d’obéissance dont on ne sait absolument pas où cela nous mènera, dont on ne voit absolument pas ce que cela nous coûtera plus tard. C’est vraiment un chèque en blanc, comme on dit. Je n’aime pas l’expression parce que je ne suis pas financier, mais enfin c’est vraiment une donation totale de soi à Dieu, pour ce que Dieu voudra. C’est un acte d’amour de Dieu parfait.

Notre Père, 10 décembre 1982

Mercredi 13 décembre

Sainte Lucie, sainte Odile

Pour consoler le Cœur de ma chère Mère du Ciel, je serais contente de boire jusqu’à la dernière goutte le calice le plus amer. Je désirais souffrir tous les martyres pour offrir réparation au Cœur Immaculé de Marie, ma chère Mère, et lui retirer une à une toutes les épines qui le déchirent, mais je compris que ces épines sont le symbole des nombreux péchés qui se commettent contre son Fils, et se communiquent au Cœur de sa Mère. Oui, parce que par eux beaucoup d’autres de ses fils se perdent éternellement.

Vénérable sœur Lucie, après l’apparition du 10 décembre 1925

Jeudi 14 décembre

Saint Jean de la Croix

Saint Jean-Baptiste nous donne un exemple de détachement de toutes les affections qui nous enserrent et qui sont bonnes d’habitude, mais dans un temps comme celui de l’Avent, cette pénitence des affections, solitude, silence est bonne et nous savons qu’une lumière viendra éclairer notre esprit, toucher notre cœur. Il est dit dans le Prologue de saint Jean que Jésus était la lumière, mais saint Jean-Baptiste n’était pas une fausse lumière ; il était celui qui devait témoigner de la lumière. Nous allons admirer comment saint Jean-Baptiste a vu cette lumière qui allait paraître, il s’est réjoui immensément de la voir paraître et quand Jésus est venu, reconnaissant en Lui la lumière, il l’a montré du doigt et il a dit : « Voici Celui qui devait venir après moi, parce qu’il existait avant moi. » Ne pourrions-nous pas penser que l’Immaculée Conception était déjà là, comme une sorte de lumière et que c’est cette lumière portant la grande lumière qui a sanctifié Jean-Baptiste dans le sein des entrailles de sa Mère ? De manière que nous comprenons avec quelle ivresse de bonheur, Jean-Baptiste a salué cette lumière qui, maintenant, lui apparaissait : Notre-Seigneur Jésus-Christ sans oublier sa Mère, là-bas à Nazareth, au même moment, priant pour lui. C’était le commencement de cette lumière qui ne finira jamais et il a été content de s’effacer, lui, pour que nous n’ayons qu’un seul regard vers Jésus et Marie, afin de gagner à leur suite la vie éternelle.

Notre Père, 13 décembre 1992

Vendredi 15 décembre

Octave de l’Immaculée Conception

L’Église connaîtra une résurrection inouïe sous l’égide du Cœur Immaculé de Marie. Nous le croyons, nous l’espérons, il faut donc que l’enthousiasme et la piété ne le cèdent pas au moment de désespoir, de désagrément, de peur pour ce qui peut arriver. Tenir bon, chacun à notre place, aux situations, avec foi et courage, mais aussi prudence et alacrité. Il n’empêche que ces temps sont éprouvants, comme serait, j’imagine, l’assistance à un tournoi de chevaliers au treizième siècle où se combattraient des êtres aimés contre d’autres, haïs et détestés pour de justes motifs.

Notre Père, 4 décembre 1999

Samedi 16 décembre

Saint Eusèbe de Verceil

L’Avent est un temps de pénitence qui n’est pas fait dans le même esprit que le Carême fait pour pleurer nos péchés, participer à la Passion du Christ, expier. La pénitence de l’Avent est plus douce. Elle signifie : ne pas se perdre dans les joies de la terre, car celui qui est trop heureux sur la terre ne ressent pas le besoin des consolations du Ciel. Nos âmes sont faibles, nous nous laissons emporter par les joies de la vie et, allant de plaisir en plaisir, on n’a pas le cœur tourné vers Jésus qui arrive. Très justement les Anges se sont adressés à de pauvres bergers. Il est bon que nos cœurs ne s’appesantissent pas sur les consolations même légitimes, qu’ils fassent un peu le vide en eux.

Notre-Seigneur va venir pour nous satisfaire dans nos aspirations les plus hautes d’aimer et d’être aimés. Jésus va venir pour nous communiquer l’esprit du Ciel. Si l’on peut se réjouir à Noël, c’est à cause de la foi, car on sait que Jésus est là, même si la vie est rude, et qu’il conduira ces enfants au Ciel pour être heureux, heureux, heureux dans les siècles et pour l’éternité. Cette joie de Noël est déjà celle du Ciel. Quel don nous est fait par Dieu ! Et que toutes les choses de la terre ne sont rien à côté de la joie d’être aimé au point qu’il nous donne son Fils à serrer sur notre cœur, à embrasser, signe d’une béatitude éternelle !

Notre Père, 16 décembre 1984

Dimanche 17 décembre

3e dimanche de l’Avent : Gaudete, Saint Lazare

Entrons dans les sentiments de Marie. Elle est là comme Médiatrice et comme coopératrice à produire en nous les dispositions nécessaires pour recevoir avec beaucoup de fruit les grâces de la fête de Noël. Pour cela, remettons-nous tout à fait à la disposition de Marie. Durant ces derniers jours, faites de ces petits gestes de la grâce : avant chaque action, jetez un regard de désir vers sa venue prochaine, ce sera la meilleure prière de foi que l’on puisse faire (...).

Ô mes amis, que l’Église nous présente une grande, une bonne pensée : Gaudete in Domino semper, iterum dico gaudete, modestia vestra nota sit omnibus hominibus... Dominus enim prope est. Réjouissez-vous dans le désir de Jésus, dans la seule idée que Jésus vient. Ne nous occupons que de celle-là, elle nous gardera vraiment dans la joie et dans le désir.

Abbé Édouard Poppe, 15 décembre 1922

Lundi 18 décembre

L’attente de l’enfantement de la Bse Vierge Marie

Ô saint Joseph, homme juste et bon, notre père et notre protecteur, qui voudra se faire le héraut de vos intimes grandeurs ? Permettez-moi d’ouvrir votre cœur pour en révéler les secrets jalousement gardés. Nul ne doute que vous ayez immensément aimé, dès le premier jour où vous la connûtes, cette Vierge encore enfant que ses parents vous donnaient pour fiancée. Dans votre émerveillement, vous vous demandiez quels seraient les desseins du Très-Haut sur cette Vierge Immaculée dont vous ne songeâtes pas un instant que son destin terrestre fut d’être seulement vôtre et tout enclos dans l’humble service de votre pauvre ménage.

C’est alors que vous la vîtes, à n’en pas douter, enceinte. Elle demeurait cependant paisible, sereine, admirablement recueillie, plus qu’avant. Elle vous aimait et vous entourait davantage, de tendresse et de sollicitude empreintes de la même retenue virginale... Radieux, vous entendiez carillonner en vous la Bonne Nouvelle, l’Évangile où s’illuminent les anciennes prophéties hier encore incomprises : « Voici que la Vierge concevra et qu’elle enfantera un Fils. Et son Nom sera Emmanuel. » La almâh, la jeune vierge innocente, immaculée, votre cœur intuitif le proclamait avant que votre oreille l’entende de Dieu : c’était Elle !

Notre Père, page mystique no 21, mars 1970

Mardi 19 décembre

Aujourd’hui, je dirai : « Levons la tête parce que notre délivrance approche. » Entendons les pas de l’Époux qui vient, courant sur les collines, bondissant sur les montagnes, chercher sa bien-aimée, prisonnière du malin, pour l’en délivrer. Alors cet Avent sera rempli de la joie de l’espérance du salut proche. Reprenons confiance et disons à Notre-Seigneur : « Si le châtiment nous tombe dessus, nous savons, Seigneur, que vous nous donnerez la grâce ; donc nous voulons vivre dans la joie, l’allégresse et l’action de grâces. »

Si nous sommes fidèles au Cœur-Sacré de Jésus et au Cœur Immaculé de Marie, nous serons remplis de bénédictions. Si nous sommes fidèles au message de la très Sainte Vierge Marie, si nous sommes fidèles au culte de la Sainte Face, Dieu nous montrera qu’il n’abandonne pas son peuple et que rien ne pourra nous arriver de mauvais.

Notre Père, 3 décembre 1989

Mercredi 20 décembre

Bx Frère Scubilion

J’entre doucement, humblement dans la chambre de la Vierge Marie, pour voir cette sainte Enfant prier pour le salut d’Israël et la délivrance de toutes les nations. Je la vois en prière très humble et cependant très fervente. J’entends le silence à peine peuplé par des chants d’oiseaux. Je goûte la tranquillité de cette heure qui fait un tel contraste avec les cris du monde méchant... Très respectueusement je baise le sol de cette sainte maison, n’osant m’approcher pour baiser les pieds de cette sainte Mère. Je m’emplis le cœur et l’esprit des perfections de cette Vierge très pure. Je suis ravi d’admiration et d’amour pour elle. C’est elle qui attire sur la terre la miséricorde de Dieu, c’est elle qui hâte déjà, pour ainsi dire, l’heure du salut du monde.

« Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous. » Je vois, j’entends, je savoure cette présence immédiate et déjà parfaite de la Personne du Fils de Dieu devenu fils de Marie, dans son sein. Ainsi Dieu habite en Elle et rayonne son Esprit-Saint dans tout cet être exceptionnel, embrasant son Cœur, illuminant son intelligence, et réjouissant ses membres d’une jouissance toute pure.

Notre Père, 25 mars 1982

Jeudi 21 décembre

Saint Pierre Canisius, Saint Thomas

Je ne crois pas pouvoir faire de plus grand bien à ces frères de Jésus que celui de leur apporter, comme Marie dans la maison de Jean lors de la Visitation, Jésus, le bien des biens, la sanctification suprême, Jésus qui sera toujours présent parmi eux dans le Tabernacle... Jésus s’offrant chaque jour sur le saint Autel pour leur conversion, Jésus les bénissant chaque jour au salut : c’est là le bien des biens, notre Tout, Jésus.

Saint Charles de Foucauld, Béni Abbes

Vendredi 22 décembre

Le CANTIQUE D’ANNE annonce celui de Zacharie, dans des termes voisins et des sentiments identiques, comme aussi le MAGNIFICAT de la Bienheureuse Vierge Marie, sentiments d’humilité, vertu clef de l’histoire d’Israël, comme de toute l’histoire sainte de l’Église, et de celle de sa fille aînée, “ sainte, doulce France ”. Humilité de ces âmes élues pour faire les plus grandes œuvres de Dieu, chantant leur reconnaissance avec une parfaite simplicité. Il suffit de relire ce CANTIQUE D’ANNE, celui de ZACHARIE, celui de MARIE, pour comprendre le secret de l’orthodromie divine : c’est Yahweh qui élève les humbles, abaisse les superbes, c’est Lui le secours d’Israël son serviteur, se souvenant de sa miséricorde envers Abraham et sa race, à jamais...

Frère Bruno de Jésus-Marie, 3 janvier 2010

Samedi 23 décembre

Noël nous dit qu’il est bon d’être pieux, d’être ravi devant ce spectacle de l’Incarnation. La piété, la Pietas latine, c’est la tendresse du cœur dans le cadre de nos affections et de nos relations naturelles. Le fondement de ces relations est précisément notre relation à Jésus, Marie, Joseph. Ayons de la piété, c’est-à-dire une inclination tendre, une dévotion, un désir de penser à eux, de méditer sur leur mystère, d’avoir le cœur attaché à eux, de le leur exprimer par des prières, par des cantiques, dans des cérémonies avec de l’encens, des fleurs, de la lumière. Alors, la piété religieuse se communique, parce que nous ne montons jamais seuls vers le Ciel, chacun de son côté.

Ainsi, irai-je, moi tout seul, rendre hommage à cette Famille divine ? Il y a quelque chose qui choque ! Non, j’irai avec ceux que j’aime, comme les bergers sont venus en troupe.

Cette piété est un amour plein de dévotion pour la Sainte Famille, et pour Dieu se manifestant en elle. Elle sanctifie ensuite tout naturellement nos autres relations humaines, ces liens très tendres voulus par Dieu pour notre réconfort et, quelquefois aussi, pour notre épreuve.

Notre Père, 23 décembre 1990

Dimanche 24 décembre

4e dimanche de l’Avent, Vigile de Noël

La piété engendre la pureté. C’est la deuxième vertu qui rayonne de la Crèche, à Noël. Quelle pudeur, quelle magnifique chasteté, quelle virginité admirable dans ces trois personnes qui sont là ! Pourtant, ils ne condamnent pas les amours humaines, sauf celles qui sont passionnées. Voilà pourquoi, dans notre monde chrétien paganisé, il est infiniment désastreux que Noël soit l’occasion de toutes sortes de désordres ! S’il n’y a point de piété, il n’y a pas de pureté.

En revanche, quand on est venu à la Messe de Minuit, quand on est tout émerveillé des cantiques de Noël, de ce qu’on a vu à la Crèche, puis de cette Communion où l’on a véritablement reçu Jésus Enfant dans son cœur, ce règne de la piété doit se prolonger par une tendresse renouvelée envers les êtres humains qui nous ont été confiés, ou auxquels nous sommes confiés par la Bonne Providence. Tendresse parfaitement chaste, parfaitement pure, inspirant beaucoup de bonté et de générosité.

Notre Père, 23 décembre 1990

Lundi 25 décembre - Nativité du Seigneur

Rien n’arrivera qui ne soit permis par Dieu et qui ne soit pour le bien final de l’humanité tout entière et de chacune de nos personnes. Rien n’arrivera que ce que Dieu veut ! Donc, l’Église sera gardée, la France sera protégée et nos familles, se réunissant aux pieds de la Vierge pour prier, dire leur chapelet, seront sauvées. Ce sera peut-être terrible, mais la protection du Ciel ne nous manquera pas. Alors, dans la nuit de Noël, nous avons le droit et le devoir d’oublier tout cela, de ne plus craindre, de nous abandonner à cette joie.

Notre Père, 23 décembre 1990

Lundi 25 décembre - MESSE DU JOUR

Dans la sainte communion, Jésus se montra comme couronné par trois sphères angéliques. Elles étaient distinguées d’après leur vertu spéciale ; il me parut que c’étaient les anges de la bonté, de la charité, de la pureté qui avaient spécialement formé la cour de Jésus Enfant. Ces trois cercles angéliques rayonnaient au-dessus de mon Bien-Aimé et formaient comme une couronne au-dessus de sa tête divine. Mais la gloire que lui rendaient ces Anges était peu en comparaison de la vertu délicieuse qui rayonnait et sortait de Lui-même, enveloppant aussi mon âme qui était dans un atmosphère d’infinie douceur. et Jésus mit à la garde mon âme les anges du silence.

Lucie-Christine, 7 mars 1896

Mardi 26 décembre

Saint Étienne

Une parole extraordinaire de la liturgie d’aujourd’hui : « Adhæsit anima mea post te, quia caro mea lapidata est pro te. » Magnifique ! C’est saint Étienne qui est censé parler : « Mon âme adhère après toi, mon âme est collée à toi, ô Jésus ! » Pourquoi ? On s’attendrait, pour un chrétien normal, un chrétien de la base, à : « Mon âme vous est attachée, ô Jésus, parce que votre Chair s’est livrée pour moi sur la Croix. » Oui, ça, c’est bon pour les bergers de la crèche, c’est le premier stade du chrétien : « Je vous suis attaché, ô Jésus, parce que vous m’avez donné votre Chair et votre Sang sur la Croix pour le rachat de mes péchés, et, deuxièmement, en nourriture quotidienne, autant que je le veuille ! Oui, c’est vrai, je vous aime, parce que vous avez donné votre corps pour moi. » Mais pour saint Joseph, pour tous les disciples, pour les vrais fidèles, les vrais disciples du Christ, il y a une autre manière de connaître l’amour de Jésus, c’est quand notre chair elle-même est sacrifiée, est rompue, est crucifiée à cause de Jésus-Christ, « parce que ma chair a été lapidée par les juifs, pour vous, à cause de vous. »

Notre Père, 26 décembre 1983

Mercredi 27 décembre

Saint Jean

Saint Jean nous dit qu’il faut aller à l’esprit par les sens. Puisque Jésus est le Fils de Dieu qui s’est incarné ; s’il s’est incarné, ce n’est pas simplement pour verser son Sang, mais c’est aussi parce qu’il a voulu être vu, être entendu, être touché. C’est par tout ce message sensible qu’il nous a dit son Verbe de vie. Il nous parle non seulement par sa voix, par le ton de sa voix, par la chaleur de sa voix, mais il nous parle aussi par tout son maintien, par sa Sainte Face, par son regard, et c’est tout cela qui a porté directement dans le cœur de saint Jean le mystère de la Divinité de Notre-Seigneur.

Notre Père, 27 décembre 1983

Jeudi 28 décembre

Saints Innocents

La fête de Noël continue, seulement le grand avantage c’est que, en fêtant saint Étienne, saint Jean, puis les saints Innocents et tous les saints du Paradis, nous comprenons que Jésus est venu sur terre, les liens sont bien établis et que, d’une génération à l’autre, à travers tous les saints jusqu’à nous, c’est une même famille, c’est un même corps, et Noël ainsi, c’est une vraie vie qui passe de génération en génération. Par le culte des saints, nous comprenons très bien que cette vie coule encore, que Noël continue tous les jours, que Jésus est là dans les saints que nous connaissons bien pour les célébrer, dans les saints que nous avons connus, qui sont morts, qui sont maintenant auprès de Dieu, et dans les saints vivants que constituent précisément tous les fidèles de l’Église, que saint Paul appelait les saints, ceux qui étaient baptisés, fidèles à leur foi, dans l’espérance de la résurrection, dans la charité mutuelle, la communion de l’Église. Donc, Noël, c’est au milieu de nous.

Notre Père, 26 décembre 1983

Vendredi 29 décembre

Saint Thomas Becket

J’ai passé Noël avec la grippe et si enrouée qu’on comprenait mal ce que je disais. En ce Noël, l’Enfant-Jésus n’a pas voulu entendre ma voix. Il a préféré le langage du silence. J’ai aimé cela aussi, car dans le silence on sent mieux la réalité du mystère : Dieu fait homme, Dieu parmi nous et Dieu en nous par la grâce, dans une présence réelle d’amour miséricordieux qui transforme notre vie en la sienne, comme de membres choisis pour Son Service, Sa louange et Sa gloire, afin d’être une louange de gloire à la Trinité, comme disait sœur Élisabeth de la Trinité.

Lettre de sœur Lucie à mère Martins, 1959

Samedi 30 décembre

Fête de la Sainte Famille

Dieu commence par la Sainte Famille pour rénover le monde. La Sainte Famille n’est pas œuvre de la chair, de la nature, mais œuvre de la grâce : le mariage de la Vierge et de saint Joseph ne fut ni charnel ni une passion, ni même un mariage de raison qui implique un calcul humain de bien-être. Non ! C’est un mariage de grâce. Il a fallu certainement à saint Joseph une inspiration divine. Il y a eu certainement aussi une préparation, une disposition par les parents. Sainte Anne et saint Joachim se sont concertés sur l’avenir de leur fille, la sachant exceptionnelle ; ils ont cherché à qui la confier, ont remarqué saint Joseph, ses qualités, ses vertus, lui ont parlé... Si un mariage a été parfait, c’est celui de la Vierge Marie Immaculée et de saint Joseph. Ainsi, en méditant sur ce mariage à chaque fois qu’un choix se présente, on voit que c’est toujours la voie plus parfaite qui a été choisie, car Dieu voulait que la Sainte Famille soit exemplaire. Saint Joseph ne s’est pas déterminé sans une motivation divine.

Notre Père, 8 janvier 1983

Dimanche 31 décembre

Saint Sylvestre

Ô Jésus, notre divin Maître et notre Sauveur, nous vous adorons en ce Saint-Sacrement comme saint Joseph, la Vierge Marie et les bergers vous ont adoré dans la crèche ! Aujourd’hui, nous passons d’une année à l’autre ou plutôt, nous avons voulu y passer par révérence à votre Mère et par amour d’elle, le 8 décembre, en la fête de son Immaculée Conception. Nous sommes allés depuis cette première fête à elle, Marie, à vous Jésus, dans votre crèche. C’est un bon départ. Il reste onze mois à parcourir de telle manière que notre vie soit de plus en plus à la ressemblance de votre vie, passant par les mêmes chemins, connaissant les mêmes étapes et ainsi, profitant de votre exemple, de votre grâce, de l’admiration et de l’amour que vous suscitez en nous en toute circonstance. Cette nouvelle année, ce sont des journées, des mois offerts à votre Cœur, pour la gloire de notre Père céleste, pour l’étendue de votre règne, pour la conversion des pécheurs, pour le salut des âmes du Purgatoire, pour que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel.

Notre Père, 31 décembre 1994