Il est ressuscité !

N° 217 – Janvier 2021

Rédaction : Frère Bruno Bonnet-Eymard


LA LIGUE

La Ligue

La ligue : Ite ad Joseph !

DANS la faillite de notre  société matérialiste dé- stabilisée par une épidémie, les vœux conventionnels de santé, de bonheur, de prospérité révèlent leur vanité. Le 1er janvier 1994, notre Père s’exclamait : « Quand vous embrassez quelqu’un qui est au chômage ou quelqu’un qui voit sa retraite diminuer et qu’on lui dit : Bonne année, bonne santé ”, que peut-il répondre ?  Ne te moque pas de moi, va dire un chapelet pour moi aujourd’hui, cela vaudra mieux !  Voilà un langage de vérité ! »

La décision du Saint-Père de consacrer l’année 2021 à saint Joseph a inspiré à frère Bruno une formule de vœux autrement plus réconfortante pour la nouvelle année : « Allez à Joseph, et faites tout ce qu’il vous dira ! » (cf. encart, p. 27)

Ce recours inattendu du Pape au Patron de l’Église ravive notre espérance après un Avent passé dans une déréliction comparable à celle des pauvres d’Israël, écrasés par des autorités politiques impies et des chefs religieux apostats, persistant néanmoins à attendre leur salut dans une fidélité héroïque à la foi de leurs pères.

ACTUALITÉS DE DÉCEMBRE 2020 :
RÉVÉLATION DES CŒURS

« Entre un chef de l’État érigeant le droit au blasphème au sommet de la vertu républicaine et une Église de France qui n’a plus la foi pour défendre l’honneur de Jésus-Christ et les droits du troupeau commis à sa garde, il ne faut pas s’étonner que la colère de Dieu tombe sur notre France infidèle », expliqua frère Bruno le 6 décembre dernier.

Notre frère avait introduit sa conférence d’Actualités mensuelles en citant une note remise par Mgr Freppel au pape Léon XIII le 13 février 1891 et que nous pourrons lire d’ici peu dans le quatrième tome à paraître de notre frère Pascal. Le Souverain Pontife était alors sur le point d’adresser aux évêques de France une lettre encyclique les engageant à « adhérer sans arrière-pensée à la République ».

« Profondément attaché au droit monarchique qui est le droit national et historique de la France depuis quatorze siècles, déclarait l’évêque d’Angers, je suis convaincu que la forme et les institutions républicaines ne conviennent nullement au pays, et qu’elles en amèneraient une ruine religieuse, morale et matérielle, si elles devaient s’y implanter d’une façon tant soit peu durable. L’expérience de tous les jours ne fait que me confirmer dans cette conviction. » Et pour quelle raison ? Parce que, par principe, « les républicains persécutent la Religion comme telle, parce qu’elle est la Religion, et que les loges maçonniques, foyers principaux des idées républicaines, ont juré la destruction du catholicisme en France ».

Qu’importe ? Aveuglé par ses chimères démocratiques, le Pape publiera sa lettre Au milieu des sollicitudes dès la mort de Mgr Freppel, faisant un devoir à tous les catholiques d’accepter le fait républicain. Ainsi, sous l’autorité de Léon XIII, endiguée un temps par saint Pie X, mais relayée ensuite par Benoît XV et tous les Papes qui se sont succédé depuis sur le Siège de Pierre, l’idéologie de 1789 s’est partout, mais tout particulièrement en France, imposée comme une véritable religion, dont les cercles maçonniques sont à l’évidence les gardiens jaloux du temple.

Cela n’a jamais été aussi vrai qu’avec Emmanuel Macron : dominant d’une main de maître le régime des partis, il n’hésite pas, pour asseoir son autorité et celle de la République « indivisible, laïque, démocratique et sociale », à ériger le blasphème comme droit supérieur de la liberté d’expression.

Au cours de la “ liturgie ” célébrée le 4 septembre dernier au Panthéon en l’honneur du cent ­cinquantième anniversaire de la proclamation de la IIIe République, le président a ainsi fait l’apologie de « la laïcité, ce régime unique au monde qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire, mais qui n’est pas séparable d’une liberté d’expression allant jusqu’au droit au blasphème ».

Le corollaire de cette revendication libertaire est la guerre hypocrite que mène la République contre la seule religion véritable, contre l’Église catholique. L’interdiction générale, quasi absolue, d’assister à la messe dans les églises, édictée par le gouvernement français durant les deux périodes de confinement, est un acte de persécution très insidieux et d’une redoutable efficacité, arrachant de force les brebis à leurs pasteurs. Durant ces mois de réclusion forcée s’est opéré un partage entre les bons pasteurs, d’une part, tout dévorés d’un zèle apostolique et trouvant mille solutions pour maintenir vaille que vaille leur ministère, et les mercenaires, de l’autre, qui délaissèrent le troupeau pourtant commis à leur garde. Plus profondément, ce fut une pénible révélation des cœurs, touchant à la foi en la Présence réelle de Notre-Seigneur dans le Saint-Sacrement, en son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Notre CRC était personnellement “ avertie ” de cette division depuis le mois de juin dernier, mais la crise sanitaire met cruellement en lumière l’apostasie de toute une part de l’Église enseignante qui méprise l’attachement à la messe comme un « analphabétisme spirituel », selon l’expression de Mgr Mario Grech, le nouveau secrétaire général du synode des évêques !

SERMON DU 2 JANVIER 2021

NOTRE-DAME de Fatima  nous a appris que le Pape doit agir. Il n’est pas encore au point de consacrer la Russie au Cœur Immaculé de Marie. Mais puisqu’il fait appel à saint Joseph, c’est à nous de prier qu’il veuille bien commander à Jésus, son divin Fils, d’avoir pitié du Cœur douloureux de sa divine Mère, et alors, il sera obligé, Jésus, oui ! sera obligé d’accorder au pape François, par la médiation de Marie, de telles grâces que ce Pape sera lui-même obligé d’aller où il ne veut pas aller.

« Allez à Joseph, et faites ce qu’il vous dira. » (Gn 41, 55)

Pour nous, c’est dans cette espérance inconfusible qu’il nous faut vivre cette année jubilaire. Il suffit de relire le décret Quemadmodum Deus du bienheureux Pie IX, daté du 8 décembre 1870, par lequel ce saint Pape plaçait l’Église catholique sous le patronage de saint Joseph :

« De même que Dieu établit le patriarche Joseph, fils de Jacob, gouverneur de toute l’Égypte, pour assurer au peuple le froment nécessaire à la vie, ainsi, quand furent accomplis les temps où l’Éternel allait envoyer sur la terre son Fils unique pour racheter le monde, il choisit un autre Joseph dont le premier était la figure ; il l’établit Seigneur et Prince de sa maison et de ses biens ; il commit à sa garde ses plus riches trésors. En effet, Joseph épousa l’Immaculée Vierge Marie, de laquelle, par la vertu du Saint-Esprit, est né Jésus-Christ, qui voulut aux yeux de tous passer pour le fils de Joseph et daigna lui être soumis.

« Celui que tant de prophètes et de rois avaient ­souhaité de voir, non seulement Joseph le vit, mais il conversa avec lui, il le pressa dans les bras d’une paternelle tendresse, il le couvrit de baisers ; avec un soin jaloux et une sollicitude sans égale, il nourrit Celui que les fidèles devaient manger comme le Pain de l’éternelle vie.

« En raison de cette dignité su­blime à laquelle Dieu éleva son très fidèle serviteur, toujours l’Église a exalté et honoré saint Joseph d’un culte fervent et exceptionnel, quoiqu’inférieur à celui qu’elle rend à la Mère de Dieu ; toujours, dans les heures critiques, elle a imploré son assistance. Or, dans les temps si tristes que nous traversons, quand l’Église elle-même, poursuivie de tous côtés par ses ennemis, est accablée de si grandes calamités, que les impies se persuadent déjà qu’il est enfin venu le temps où les portes de l’enfer prévaudront contre elle, les vénérables Pasteurs de l’univers catholique, en leur nom et au nom des fidèles confiés à leur sollicitude ont humblement prié le Souverain Pontife qu’il daignât déclarer saint Joseph patron de l’Église universelle. »

« Ces prières ayant été renouvelées plus vives et plus instantes durant le saint concile du Vatican, notre Saint-Père Pie IX (...) déclare solennellement saint Joseph patron de l’Église catholique. » (Il est ressuscité, avril 2009, no 80, p. 11)

Cette décision du Pape était une manière de « passer la main à saint Joseph », comme notre Père passa la main à l’Immaculée en 1997. En 1870, la révolution avait interrompu le concile du Vatican et menaçait d’anéantir les États pontificaux. Une situation désespérée...

Saint Joseph a rempli sa mission. Rome n’a pas été anéantie, l’œuvre doctrinale du concile Vatican I a pu produire ses fruits salutaires : par la proclamation de l’accord de la foi et de la raison, contre le rationalisme, et du dogme de l’infaillibilité pontificale. Ce dogme qui est la clef de voûte du combat CRC, était en 1870 un cri de victoire, il l’est toujours, car il affirme haut et clair l’illusion caduque du règne de Satan.

En 1870, la Révolution avait tout emporté ou était en passe de le faire, mais contre elle, il y aurait toujours un homme, le Pape, qui aurait le pouvoir de lui écraser la tête... Pas étonnant que le diable ait voulu investir l’Église et prendre possession du Saint-Siège lui-même à la faveur de Vatican II, et qu’il veuille conduire toute l’Église à l’abîme et la ruiner de fond en comble.

Notre malheureux pape François est plus aveuglé que jamais, mais il est toujours “ grand prêtre ”, et donc il a été bien inspiré de rappeler au bon souvenir de l’Église ce saint patronage qui, sans cela, serait tombé dans l’oubli... Et aujourd’hui, alors que la situation est encore plus désespérée qu’en 1870, ne faut-il pas prendre appui sur cette bonne initiative papale en rappelant ses origines, leur analogie avec la situation actuelle, et combien le patronage de saint Joseph est à invoquer pour sauver Marie et Jésus que l’on persécute depuis Vatican II : Marie en la personne de Notre-Dame de Fatima, et Jésus dans son vicaire, dans son image, dans son Eucharistie...

Pour l’heure, le pape François ne se doute pas de la portée surnaturelle de cette décision : faire entrer en lice le Cœur très pur, très généreux et tout-puissant de saint Joseph, et lui donner de vaincre, de régner, de nous gouverner, de nous sauver... moyennant persévérance et ardeur dans la prière et dans nos combats intimes...

Quant à Notre-Dame de Fatima, si le Pape continue à la bouder, il “ brûle ” cependant, puisqu’il en appelle non seulement à la Médaille miraculeuse de Paris pour le salut de l’Italie, mais encore à Notre-Dame de Guadalupe pour le salut du monde. Il a présidé la messe pour la fête de la Morenita le samedi 12 décembre à l’autel de la chaire de Saint-Pierre. L’effigie de l’Immaculée n’est pas frappée sur une médaille par un graveur, comme à Paris, mais elle est imprimée miraculeusement sur la tilma de Juan Diego à qui Notre-Dame est apparue en 1531 sur la colline du Tepeyac. C’est là que la Sainte Vierge commence à révéler sa Médiation universelle dans les derniers temps de la lutte apocalyptique ouverts en 1517 par la révolte de Luther.

« Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? No estoy aquí que soy tu Madre ? »

Ce qui m’a le plus captivé, dans mon pèlerinage au Tepeyac, au cours duquel j’ai participé à un colloque de chercheurs guadalapunos sur les faits historiques des apparitions de Marie, c’est d’étudier la transformation historique du peuple mexicain accomplie par la révélation de la céleste Image de Marie : ce peuple qui gisait à l’ombre de la mort, livré à la soif diabolique de sang et de luxure que lui inspiraient ses idoles, se convertit entièrement à la vue de la beauté et de la tendresse de Marie pour le pauvre nacehuali, Juan Diego, le dernier des Indiens, le plus pauvre.

Or, les phénomènes extraordinaires qui accompagnèrent la première apparition en 1531 ne sont pas sans rappeler ceux du 13 août 1917 : « Son vêtement était comme le soleil ; il irradiait des rayons de lumière qui transfiguraient tout. Les rochers et les cailloux de ce mont aride, entre lesquels poussaient quelques acacias et cactus, étaient métamorphosés en pierres précieuses, fines émeraudes et turquoises. Et la terre était baignée par des vagues d’arcs-en-ciel. » Ce qu’un texte mexicain commente naïvement : « Si les reflets de sa beauté corporelle agissent ainsi sur les rochers et les épines, qu’en sera-t-il des rayons de sa beauté spirituelle sur les cœurs, même si ce sont des pierres et des buissons épineux ?! »

Là où la pastorale des franciscains avait échoué, la seule apparition de cette Image merveilleuse, véritable révélation de la beauté de Dieu empreinte sur son visage, apporte à ce peuple « sans affection » (Rm 1, 31) la révélation de son amour miséricordieux.

Pour Elle, les Cristeros étaient prêts à subir mille morts. S’ils n’avaient été trahis par Rome, la Vierge Marie aurait fait triompher la Contre-Réforme au Mexique... Mais demain la dévotion à Notre-Dame de Guadalupe renouvelée par Fatima embrasera les deux Amériques et fera leur unité par la religion catholique et la Chrétienté franco-hispanique ! C’est mieux qu’un “ rêve ”, c’est une espérance et une intention de prières et de sacrifices offerts chaque jour au Cœur Immaculé de Marie. Ainsi soit-il !

Frère Bruno de Jésus-Marie

Que fallait-il faire... et ne pas faire ?

Il appartenait aux évêques non pas de demander, de dialoguer, mais de dénoncer publiquement cette persécution comme un abus de pouvoir de la part du gouvernement et une offense faite à Notre-Seigneur.

Et il fallait agir ainsi au nom de leur autorité, du pouvoir de sanctifier leur troupeau qu’ils détiennent seuls et directement de Notre-Seigneur Jésus-Christ en tant que successeurs des Apôtres et qui ne saurait être soumis à la toise d’un gouvernement ou de juges civils. Agir ainsi dans le souci du salut des âmes et de la défense de la liberté de l’Église, et non pas au nom de la liberté individuelle de culte. L’Église ne saurait se rallier sans renier son divin Maître à cette variante du culte de l’homme, dont la Déclaration des prétendus droits de l’homme est l’évangile maçonnique.

Une telle attitude du pasteur se mettant à la tête du troupeau aurait évité ces rassemblements de fidèles devant les églises. Certes souvent organisés dans un bon esprit, nous semble-t-il, avec la récitation publique du chapelet et la fierté de se montrer catholiques, ils étaient quand même à la limite de la manifestation revendicative qui fait entrer, même pour une cause légitime, dans le jeu démocratique. Or, comme nous l’a bien expliqué notre Père, celui-ci est, dans son essence, une impiété.

Frère Bruno salua cependant les prises de position courageuses de certains évêques défendant leur troupeau et confirmant sa foi. Tels Mgr Turini, de Perpignan et Mgr Ginoux, de Montauban. Ces exemples rares mais réconfortants nous rappellent que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église : aujourd’hui comme hier, saint Joseph protégera la famille que Dieu lui a confiée !

PERMANENCE PARISIENNE

Dans le marasme général, le Cercle Charles de Foucauld n’a jamais si bien mérité son titre de “ Permanence ”. Notre frère François se démène en effet inlassablement pour en maintenir les activités, de manière à soutenir nos amis parisiens.

NOTRE-DAME DES VICTOIRES.

Il y a juste vingt-cinq ans, dans une situation particulièrement dramatique pour la Contre-Réforme catholique, notre Père l’abbé de Nantes vint confier ses soucis à Notre-Dame des Victoires et à son serviteur, l’abbé des Genettes, “ Monsieur Rude Abord ”, comme on l’appelait, en qui il découvrit un frère et un modèle.

Quelle joie pour nos amis de venir réciter leurs fervents “ Je vous aime, ô Marie ” aux pieds de la statue de Notre-Dame, au micro de la basilique ! Et quelle consolation, pour notre Mère chérie !

S’il ne lui était pas permis de prendre la parole, frère François se rattrapa en distribuant un livret présentant le sanctuaire et son histoire : trente pages au fil desquelles se révèlent les raisons de notre attachement à cette dévotion pour temps d’épreuve. Nos amis avaient non seulement de quoi nourrir leur méditation de cet après-midi de pèlerinage, mais encore durant les jours suivants !

Notre-Dame des Victoires est d’abord une vierge guerrière, puisque son sanctuaire fut élevé par le roi Louis XIII en action de grâces pour la prise de La Rochelle, en 1628, qui était le foyer de l’infection protestante au Royaume de France. C’est sous l’impulsion du Père Joseph de Paris et par la grâce de Notre-Dame du Rosaire que cette victoire fut remportée. Qui se rappelle que quinze mille chapelets furent distribués aux soldats de l’armée royale par les capucins et les dominicains ?

La première pierre de l’édifice porte l’inscription : « Louis XIII par la grâce de Dieu, Roi Très Chrétien de France et de Navarre, vaincu nulle part, victorieux partout, au souvenir de tant de victoires qui lui sont venues du Ciel, spécialement de celle qui a terrassé l’hérésie, a érigé ce temple et l’a dédié à la Vierge Marie, Mère de Dieu, sous le titre de Notre-Dame des Victoires. »

Et Notre-Dame agréa ce royal hommage puisque huit ans plus tard, lorsqu’elle décida d’accorder un Dauphin à la France, c’est dans la communauté des frères augustins de Notre-Dame-des-Victoires qu’elle choisit un serviteur et confident : le frère Fiacre de Sainte-Marguerite. C’est à lui qu’elle montra, dans la nuit du 3 novembre 1637, « l’enfant que Dieu veut donner à la France », Louis Dieudonné, le futur Louis XIV. Elle lui demanda trois neuvaines de prières : à Notre-Dame de Cotignac, Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires, au terme desquelles le Dauphin fut conçu, dans la nuit du 7 au 8 décembre (cf. Il est ressuscité no 202, oct. 2019). Cependant, sans attendre la naissance de cet héritier par Dieu donné, mais sûr des promesses célestes qui lui étaient faites, Louis XIII, dès février 1638, signe la déclaration qui prend la bienheureuse Vierge pour protectrice de ses États. Le 15 août à Abbeville, pour la plus grande joie de toutes les saintes âmes du royaume encore en guerre, il consacre solennellement sa personne, son État, sa couronne et ses sujets à la Très Sainte Vierge Marie.

La Révolution même ne détourna pas la Vierge Marie de son sanctuaire parisien. Le deuxième chapitre de notre dévotion à Notre-Dame des Victoires est la merveilleuse histoire de la consécration par l’abbé des Genettes, le 11 décembre 1836, de cette paroisse qui était devenue la plus délaissée d’une capitale livrée au règne de l’argent, de la débauche et de l’impiété. Une voix intérieure l’en avait requis : « Consacre ta paroisse au très Saint et Immaculé Cœur de Marie. » (cf. Sœur Marie-Angélique de la Croix, L’abbé des Genettes, serviteur et apôtre de Marie) La conversion miraculeuse de cette paroisse et le rayonnement prodigieux de l’archiconfrérie de Notre-Dame des Victoires demeurent un témoignage éclatant de la puissance infinie du Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, et un avant-goût de la conversion du monde entier, lorsque le Saint-Père lui aura enfin consacré la Russie !

À la fin du livret, frère François citait quelques échantillons de la prédication de l’abbé des Genettes. Nous y retrouvons en germe la compréhension de l’orthodromie mariale telle que nous l’a enseignée notre Père à la lumière des révélations de Fatima : « Déjà, Jésus nous avait donné son Cœur, il nous offre aujourd’hui le Cœur si tendre, si aimant, si compatissant de sa Divine Mère... Toutes mes grâces, vous les avez rendues inutiles. Eh bien ! je vous donne un nouveau gage de mon amour et de ma mansuétude. Allez à ma Mère, confiez à son Cœur, si compatissant à tous vos maux, le sentiment de vos péchés et de vos remords ; conjurez-la, par la tendresse, par les mérites et la puissance de son Cœur, elle intercédera pour vous.

« La toute-puissance de Marie sur le Cœur de Dieu, son Amour, sa tendre compassion pour nous, la protection de son Saint et Immaculé Cœur, voilà notre salut, le salut de la France, le salut du monde. Cette vérité appartient à notre foi : celui qui honore Marie, qui implore sa protection, celui-là ne périra pas. »

Notre-Dame des Victoires nous a donné une autre preuve de sa toute-puissance le 13 mai 1883 : lorsque, par un merveilleux sourire, elle délivra la petite Thérèse Martin de la possession du démon, la guérissant du mal mystérieux dont elle souffrait. « Il fallait un miracle et ce fut Notre-Dame des Victoires qui le fit. »

Notre Père nous a dévoilé dans ce miracle une figure de la renaissance à venir de l’Église tout entière, aujourd’hui infestée par Satan, mais demain délivrée de son emprise par un sourire de Notre-Dame de Fatima !

Le sanctuaire entretient la mémoire du pèlerinage accompli par sainte Thérèse quatre ans plus tard en action de grâces pour ce miracle. Nos amis n’eurent pas de peine à s’approprier, à leur petite mesure, le récit qu’elle nous en a laissé :

« Ce que j’ai senti à ses pieds, je ne pourrais le dire. Les grâces qu’elle m’accorda m’émurent si profondément que mes larmes seules traduisirent mon bonheur comme au jour de ma première communion.

« La Sainte Vierge m’a fait sentir que c’était vraiment elle qui m’avait souri et m’avait guérie. J’ai compris qu’elle veillait sur moi, que j’étais son enfant, aussi, je ne pouvais plus lui donner que le nom de Maman car il me semblait encore plus tendre que celui de Mère... Avec quelle ferveur ne l’ai-je pas priée de me garder toujours et de réaliser bientôt mon rêve en me cachant à l’ombre de son manteau virginal ! »

TOUTE LA VERITÉ SUR L’ASSASSINAT DE JEAN-PAUL Ier.

Le 19 décembre, la Permanence se réunissait de nouveau pour écouter la démonstration par frère François de l’assassinat du pape Jean-Paul Ier, « le premier pape martyr de l’ère capitaliste moderne » (voir supra, p. 11 à 25).

L’auditoire fut captivé : « À partir d’articles et de dépositions cités dans le livre même de Stefania Falasca sur la mort prétendument naturelle de Jean-Paul Ier, le frère démontrait le mensonge de Mgr Magee qui avait voulu, sur le moment même et de nouveau plusieurs années après les faits, accréditer l’hypothèse d’une crise cardiaque. Le fil argumentatif de ce point nouveau était très clair et s’insère parfaitement dans la démonstration implacable de David Yallop sur les mobiles des assassins. »

Un scandale si affreux est écœurant : il éclabousse toute l’Église notre Mère. Ne serait-il pas préférable de le taire ? Mais qui alors aura le souci de la Vérité, de la gloire de Dieu outragé par ses ministres du Vatican ? Ne pas dénoncer ce crime horrible, public, c’est en devenir lâchement complice. Notre Père espérait que la corruption du Vatican paraisse au grand jour, pour qu’éclate enfin le scandale bien pire encore de son apostasie. Que tous sachent ! Que cela cesse ! Que Jésus et Marie soient consolés, défendus et l’Église enfin délivrée des diaboliques qui l’asservissent !

NOËL AUPRES DE SAINT JOSEPH

Le remède à une telle corruption ? Saint Joseph ! Mais qui connaît aujourd’hui le chef de la Sainte Famille ? Pas le pape François, hélas ! qui accompagne sa décision de lui consacrer l’année 2021 par des billevesées progressistes. En revanche, notre Père a noué avec saint Joseph une relation si intime qu’il en a reçu une connaissance profonde de son âme et de ses véritables gloires. Ce fut le fruit de l’article deuxième de la Règle qu’il nous a léguée : « Ils auront une intime prédilection pour Nazareth et désireront revivre auprès de la Sainte Famille tout le mystère de sa vie cachée. Saint Joseph sera leur grand Protecteur et la Vierge Marie, leur Mère. »

Notre Père nous a légué ce secret dans des pages incomparables, trésor que frère Bruno a entrepris de faire valoir à l’occasion des fêtes de Noël, en attendant d’en faire profiter toute l’Église un jour !

PÈRE VÉRITABLE DE L’ENFANT-JÉSUS.

Quel est donc ce secret de la vocation du dernier des Patriarches ? Frère Bruno l’a exprimé admirablement dans son sermon de la vigile de Noël, grâce à la Lettre à mes amis no 102 : être non seulement l’époux de Marie, mais aussi le Père véritable de l’Enfant-Jésus. Saint Joseph est le ministre de la paternité divine : « Jamais homme n’a participé à la paternité de Dieu comme celui-ci, jamais homme n’a voulu être père et l’a été en effet comme cet homme. Il est à ce moment le modèle parfait des pères, ceux qui enfantent dans la chair pour le Christ et l’Esprit, non pour la corruption et la mort, et mieux encore ceux qui enfantent le Christ dans les âmes, d’une ardente paternité spirituelle. »

Comment cela a-t-il pu se faire ? Au comble de l’exultation, notre Père s’adresse à saint Joseph lui-même : « Dans la sagesse divine, c’étaient votre volonté, votre prière, unies à celles de votre épouse, ne faisant plus qu’un, à cette heure décisive du salut, qui avaient été l’ultime cause humaine de l’Incarnation. Jésus, c’est vous qui l’aviez engendré avec Dieu, au sein de votre épouse, d’une volonté chaste et spirituelle ! »

Ce secret dévoilé, saint Joseph nous apparaît dans une stature incomparable ! Il est le Vicaire de Dieu le Père sur la terre !

« Joseph connaissait clairement qu’en lui s’exerçait l’autorité même de Dieu sur Marie et sur Jésus, le Sauveur. Heureux qui saura goûter ce mystère ! Joseph et Marie se retrouvaient après l’épreuve plus époux qu’auparavant. Jésus désormais serait leur lien. Son père, non par le sang ni par la volonté de la chair, mais par la vocation même de Dieu, c’est Joseph. Il lui appartient et lui est soumis comme la Vierge Marie elle-même. C’est le Créateur qui l’a constitué prince sur sa famille et toute sa maison. »

À la messe de minuit, frère Bruno commenta la lettre suivante, dans laquelle notre Père décrit avec une délicatesse et une psychologie très fines l’union tendre et sublime de Joseph et Marie, tendus vers la naissance virginale du Fils de Dieu, survenant enfin dans l’étable de Bethléem. Ce récit est d’une telle fraîcheur qu’on croirait que le Père a assisté à la scène !

« C’est alors qu’après un temps assez long d’extase, Marie appela doucement Joseph et mit sur ses genoux, selon l’usage ancestral, sur ses genoux de père légitime, l’Enfant qu’elle lui donnait. »

Saint Luc n’a pas pensé à nous rapporter ce détail, mais c’est l’accomplissement de l’oracle du psaume 21 qui annonçait comment Dieu prendrait à sa naissance le Messie sur ses genoux de Père : « Sur vos genoux je fus placé au sortir des entrailles, dès le ventre de ma mère, vous êtes mon Dieu. »

Notre Père poursuit : « J’aime à voir Jésus dans les bras de Joseph, et la Vierge qui les regarde songe aussi que Dieu a vraiment donné aux hommes son propre fils. Émerveillé de sa ressemblance avec sa mère, Joseph suppute l’abîme de ce mystère qui a fait d’une femme, de sa propre femme le sanctuaire de la paternité divine même. Cet enfant de Marie n’était pas né d’une volonté d’homme, ni d’un hasard de la nature, mais de la volonté de l’Être même de Dieu, il était Fils de Dieu. Lui, Joseph, le ­charpentier de Nazareth et l’époux de la Vierge Marie, le prenant pour fils en portait témoignage, et Marie le lui confiant acceptait cette foi nouvelle et la soutenait admirablement de sa confiance même.

« Jésus souriait aux anges et se préparait à sa mission humaine tandis que ses messagers s’envolaient vers les bergeries de la plaine. » (Lettre à mes amis no 104, 19 mars 1962)

LE PATRON DE L’AUTORITÉ POLITIQUE.

Il est nécessaire d’affirmer la réalité de la paternité de saint Joseph, chef de la Sainte Famille, car elle est le principe de l’autorité qu’il exerce sur l’Église et toute société. Dans un sermon mémorable, le 1er mai 1987 (disponible sur notre site VOD, LR 9. 1), notre Père a établi cette vérité d’autant plus nécessaire qu’elle est travestie par tous ceux qui réduisent saint Joseph à n’être que le modèle des prolétaires.

« Aujourd’hui, nous fêtons saint Joseph... Non ! nous ne fêtons pas saint Joseph, mais la classe ouvrière, tous les pauvres, parce que l’Église a choisi l’option préférentielle pour les pauvres. Il y a cent ans, l’Église s’est décidée à aider les pauvres d’une nouvelle manière. Aider les pauvres, on l’a toujours fait ; mais d’une nouvelle manière, en leur apprenant à se syndiquer, en leur apprenant leur dignité (...). Et de faire mousser ces pauvres pour qu’ils se dirigent dans la vie afin de faire régner partout l’égalité, la liberté, la fraternité, la justice, la paix, etc.

« Un absent là-dedans : saint Joseph. Qu’a-t-il à faire là ? Or précisément, aujourd’hui, on prétend le mettre au pinacle ! Saint Joseph est celui qui doit apprendre aux ouvriers à devenir des gens parfaits, et aussi à prendre en main leur destinée.

« Quand il n’y a pas de pauvres, mais qu’il y a des homosexuels, des prostituées, des toxicomanes, l’Église prend aussi parti pour eux, parce qu’ils sont méprisés, marginaux. Au lieu d’être soumis à un certain ordre, on leur apprend à lutter contre les autres. Ceux qui leur apprennent à lutter nous paraissent tellement proches des communistes, ils sont démocrates chrétiens, c’est pareil, ils vont faire le malheur de ce peuple qu’ils prétendent aimer.

« Y a-t-il une alternative ? Oui : la dévotion à saint Joseph.

« C’est presque une prédiction : il me semble que va se lever dans le monde un beau jour en quelque endroit un berger ou un ignorant qui va faire savoir au monde que tant qu’on n’aura pas invoqué saint Joseph, on ne sera pas sauvé. Jésus ne peut résister aux demandes de la Sainte Vierge et la Sainte Vierge ne peut qu’obéir à saint Joseph, parce que c’est le patron. Dieu veut qu’on obéisse à l’autorité paternelle qui représente Dieu le Père. De la même manière que le Fils et le Saint-Esprit au Ciel obéissent en tout à Dieu le Père, de la même manière Dieu a voulu qu’il y ait des pères, que la société soit paternelle. Il ne peut y avoir de progrès, d’ordre, de justice et donc de prospérité, etc., que dans la mesure où l’ensemble de la famille obéit au Père, où l’ensemble de l’usine obéit au patron, où l’ensemble du pays obéit au Prince.

« Voici ce que je voudrais du Pape : qu’il dise que saint Joseph est le patron de l’Église. Pas pour donner des sucettes aux enfants ni de l’argent aux grandes personnes ! Il est le patron de l’Église, cela veut dire qu’il faut qu’on lui obéisse, qu’on apprenne qu’il y a des chefs d’État, des chefs d’entreprise, même injustes, qui ont l’autorité. Ceux qui sauveront la société seront ceux qui voudront bien obéir à l’autorité. La fête de saint Joseph, qui est le 1er mai, je voudrais que cette fête change : que ce ne soit plus la fête de la promotion sociale des pauvres, la fête des syndicats et des partis sociaux, mais la fête de l’autorité politique.

« Rebâtissons nos familles à l’image de la Sainte Famille. Quand nous faisons de la politique, rebâtissons nos sociétés temporelles à l’image de la Sainte Famille. Si nous sommes chrétiens, si nous sommes catholiques pratiquants, si nous sommes moines ou moniales, si nous avons une responsabilité dans l’Église, désirons que l’Église retrouve cette soumission hiérarchique, cette ordonnance de la Sainte Famille. »

LA GRANDE ILLUSION

Le dimanche 3 janvier, frère Bruno prononça sa première conférence d’Actualités de l’année, suivie assidûment en direct par nos amis sur notre site de VOD.

Notre frère commença par constater que la pandémie, châtiment divin, laisse tout le monde démuni. Quelle en fut la cause immédiate ? Force est de reconnaître qu’on n’en sait pas grand-chose. Et comme souvent c’est Vladimir Poutine qui nous donne l’exemple de la sagesse et de la prudence : « Il y a de nombreuses rumeurs concernant son origine. Je n’ai pas envie d’en parler devant tout le pays et le monde entier, d’autant plus que nous n’avons pas de preuves pour étayer ces accusations. »

Quels en seront les remèdes ? Les campagnes de vaccination ont débuté, mais quant à savoir quel en sera l’impact, les médecins restent très prudents dans leurs pronostics.

En revanche, ce qui est utile et intéressant, c’est d’analyser les conclusions, les conséquences, les perspectives que certains tirent de cette crise sanitaire sur l’évolution de nos sociétés industrialisées.

COVID 19 : LA GRANDE RÉINITIALISATION.

C’est le titre d’un livre paru en juillet dernier auquel les milieux traditionalistes, Lectures françaises notamment, ont accordé une très grande importance. À tort ou à raison ? Frère Bruno s’est livré à une analyse détaillée de cet ouvrage écrit par les économistes Thierry Malleret et surtout Klaus Schwab, fondateur et directeur du Forum économique mondial, qui organise les fameuses rencontres annuelles de Davos. Ce forum poursuit l’œuvre de la commission Trilatérale que notre Père présentait ainsi en 1977 : « Des financiers choisissent des technocrates qui fabriquent de toutes pièces des démocrates afin de gouverner le monde par ces fantoches interposés. »

Ces auteurs prestigieux veulent inciter les « dirigeants mondiaux à mettre davantage l’accent sur le bien-être de tous les citoyens et de la planète ». Il est passionnant de confronter leurs théories à la ferme et saine doctrine formulée dans nos cinquante points d’écologie communautaire. Frère Bruno insista sur quelques chapitres.

Une analyse marxiste de la société. Selon cet ouvrage, la crise sanitaire a exacerbé les inégalités entre les riches et les pauvres, jusqu’à les rendre insupportables, laissant présager de graves troubles sociaux. Dans un climat de lutte des classes universellement admise, toute inégalité est perçue comme une injustice. Il y a cent cinquante ans, Mgr Freppel réfutait déjà magistralement cette erreur funeste :

« Les inégalités, bien loin de nuire au bon ordre des sociétés humaines, ne font que l’affermir et le consolider, en reliant les hommes entre eux par une heureuse réciprocité de services et de fonctions. Nous avons besoin des autres, précisément parce que nous ne possédons pas tous les mêmes aptitudes ni les mêmes ressources. Celui-ci donne de son intelligence ; celui-là du travail de ses mains ; tous y mettent de leur existence et de leur vie. Voilà qui fait la grandeur et la force des sociétés humaines. Le reste n’est que niaiseries. » (cité par frère Pascal du Saint-Sacrement, Mgr Freppel, t. I)

Nos auteurs n’envisagent pas d’autre remède qu’un surcroît de socialisme et d’étatisme ! Frère Bruno n’a qu’à citer nos 150 Points contre ces théories nocives (points 114 et 115).

L’ordre international : Thierry Malleret et Klaus Schwab sont obligés de reconnaître que la pandémie a mis un frein à la mondialisation. La solution ? Non plus la mondialisation, mais la régionalisation, sur le modèle de l’Union européenne. Exemple malheureux, souligne frère Bruno, au moment où la rupture avec le Royaume-Uni a été entérinée le 24 décembre dernier, démontrant l’échec de l’Europe.

Ne déplaise à ses tenants, le mondialisme est une illusion, bien dissipée par notre Point 141 : il n’existe pas de communauté internationale ! La COP 21 en a fourni une nouvelle preuve : un accord historique pour contenir le réchauffement climatique, signé à grand bruit par 195 pays en 2015, mais qui est resté chiffon de papier...

Nos anciennes colonies : La grande réinitialisation présente une analyse marxiste d’une opposition entre pays riches et pays pauvres, les premiers devant par principe se porter au secours des seconds. Et le pire est que c’est ce que nous faisons, sans discernement, à travers notre nouvelle politique française de développement en faveur du continent africain annoncée par notre ministre des Affaires étrangères, ou bien par l’opération Barkhane, prisonnière de son souci de respecter la souveraineté d’autorités maliennes déloyales et qu’elle tient pourtant à bout de bras...

La France catholique ne peut rester insensible à la misère de ses anciennes colonies, en réalité ingouvernables, car nous leur avons laissé le virus de la démocratie. « Il faudra donc restaurer, énonce le Point 145, un cadre de relations qui ne pourra pas être un pur et simple retour au  colonialisme  d’antan, d’ailleurs trop souvent perverti par les pouvoirs francs-maçons. De même que nos nations sont nées de rapports d’inégalités protectrices entre les différentes familles, institutions, communes et régions d’un certain territoire, une même inégalité protectrice pourrait s’employer à recréer les conditions de l’ordre et de la prospérité des familles, des clans ou des tribus dans ces pays où règnent la misère et la violence. »

La conclusion du livre, ponctuée d’un tonitruant « nous devons changer ! » ne marque cependant pas de progrès par rapport à son introduction. « Ce livre est une illusion, conclut frère Bruno. Il en appelle à repartir de zéro, mais en définitive ne propose rien de précis, de concret. Aucune solution, si ce n’est que la croissance économique devra désormais être plus orientée sur le bien-être. Et pourtant, il faudrait tout changer et tout de suite ! C’est quand même un peu court. En tout cas, on est loin d’un programme, d’un plan. Cet ouvrage pose beaucoup de questions sans donner de réponses sinon cette idée toujours sous-jacente de collectivisme d’État destiné à effacer les inégalités. »

C’est ainsi que nos auteurs concourent à l’expansion des “ erreurs de la Russie ”, dont le champion est aujourd’hui Xi Jinping, acclamé à Davos en 2017 après un vibrant plaidoyer en faveur du libre-échange, du multilatéralisme, du mondialisme, de la coopération internationale... et du parti communiste chinois !

Cette désorientation diabolique triomphante ne rend notre doctrine écologique que plus urgente, bien qu’irréalisable à vues humaines. Il y faudra un miracle !

Précisément, frère Bruno acheva sa conférence sur une note d’espérance, en citant la vigoureuse exhortation de Mgr Juan Antonio Reig Pla, évêque d’Alcalà, rappelant à ses diocésains l’anniversaire de la bataille de Lépante le 7 octobre 1571 : « Elle nous rappelle que la vie chrétienne est un combat. Aujourd’hui où la division règne au sein même de l’Église, nous devons prier et, unis à Pierre, fonder une Ligue pour rassembler toutes les âmes brûlant du désir de réciter le saint Rosaire pour supplier Marie d’intercéder. »

frère Guy de la Miséricorde.